Il franchit le seuil de la porte. Dans sa main : le sac plastique contenant les effets de son ami. Et s’il n’était pas au bout de ses surprises ? Et si l’homme nu n’était pas Frank ? Et si Frank n’était pas le seul à migrer d’un endroit à l’autre, nu ? Pourquoi serait-il le seul, d’ailleurs ?
Si, dans Paris, que dis-je, dans le monde, d’autres personnes voyageaient nus, sans le vouloir ? Et si cela finissait par lui arriver à lui-même ? (À cette pensée, Raphaël se tâte les bras.) Comment pourrait-il expliquer un tel bordel à sa compagne ? Lydia ! Ce n’est pas le moment de se fâcher avec elle : il ne s’est jamais senti aussi amoureux, aussi enthousiaste.
Son premier mouvement a été le bon : il s’est dirigé vers la cage d’escalier. Là, il s’est arrêté et a écouté dans le grand silence de la nuit. Un petit gémissement lui a indiqué la présence souffrante d’un homme, là-haut.
— Frank ? C’est toi ?
Le silence se fait. Raphaël monte lentement l’escalier. S’il s’est bien caché, le type doit être tout en haut des escaliers, après le dernier étage, sur la plateforme où l’on peut prendre l’échelle de secours qui mène aux toits.
— Frank ? J’ai tes vêtements…
— Des vêtements…, fait une voix ténue.
Il parvient au dernier étage. La plateforme, au dessus, est bien cachée des regards pour un homme qui souhaite dérober sa nudité au monde scandalisé. Il est rare que quelqu’un monte jusque là… Sauf, parfois, le jeune Da Silva qui s’y cache avec un copain pour fumer. Au milieu des pots de fleurs de la concierge, Frank est recroquevillé, nu. Son dos porte une vilaine marque violacée.
— Ça va ? Rien de cassé ?
— Je crois que ça va…
— Mon pauvre vieux, tu es tombé sur la femme la plus dangereuse du monde : la mienne.
— Je pourrais rire ou pleurer : j’ai le moral à zéro. Qu’est-ce que je vais faire ? Hein ? Qu’est-ce qu’on va faire ?
Le ventre de Raphaël se serre de peur : s’occuper d’un cas pareil… c’est le chaos qui entre dans sa vie… Pourtant, s’il y pense vraiment, n’a-t-il pas été le plus formidable des hommes, ce soir ?
Si, dans Paris, que dis-je, dans le monde, d’autres personnes voyageaient nus, sans le vouloir ? Et si cela finissait par lui arriver à lui-même ? (À cette pensée, Raphaël se tâte les bras.) Comment pourrait-il expliquer un tel bordel à sa compagne ? Lydia ! Ce n’est pas le moment de se fâcher avec elle : il ne s’est jamais senti aussi amoureux, aussi enthousiaste.
Son premier mouvement a été le bon : il s’est dirigé vers la cage d’escalier. Là, il s’est arrêté et a écouté dans le grand silence de la nuit. Un petit gémissement lui a indiqué la présence souffrante d’un homme, là-haut.
— Frank ? C’est toi ?
Le silence se fait. Raphaël monte lentement l’escalier. S’il s’est bien caché, le type doit être tout en haut des escaliers, après le dernier étage, sur la plateforme où l’on peut prendre l’échelle de secours qui mène aux toits.
— Frank ? J’ai tes vêtements…
— Des vêtements…, fait une voix ténue.
Il parvient au dernier étage. La plateforme, au dessus, est bien cachée des regards pour un homme qui souhaite dérober sa nudité au monde scandalisé. Il est rare que quelqu’un monte jusque là… Sauf, parfois, le jeune Da Silva qui s’y cache avec un copain pour fumer. Au milieu des pots de fleurs de la concierge, Frank est recroquevillé, nu. Son dos porte une vilaine marque violacée.
— Ça va ? Rien de cassé ?
— Je crois que ça va…
— Mon pauvre vieux, tu es tombé sur la femme la plus dangereuse du monde : la mienne.
— Je pourrais rire ou pleurer : j’ai le moral à zéro. Qu’est-ce que je vais faire ? Hein ? Qu’est-ce qu’on va faire ?
Le ventre de Raphaël se serre de peur : s’occuper d’un cas pareil… c’est le chaos qui entre dans sa vie… Pourtant, s’il y pense vraiment, n’a-t-il pas été le plus formidable des hommes, ce soir ?


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